L'être humain au regard des religions. Hindouisme et bouddhisme, Judaïsme, Christianisme et Islam

K. Agha
Religioni - Census taker : Jean Radermakers s.j.
Quatre religions, quatre visions de l'homme. Ce petit volume est l'écho d'un cycle de conférences organisées en 1998 par la faculté de théologie de l'Université Catholique de Louvain, à l'occasion de la création d'un diplôme de sciences des religions.
J. Scheuer, S.J., professeur d'histoire des religions, scrute l'hindouisme et le bouddhisme. Le premier signe de l'humain y apparaît comme l'offrande de sacrifices en vue d'obtenir une destinée paisible. L'alternance mort/vie invite à la méditation et au détachement du monde: sentier radical pour quelques élus. D'où l'invention de voies de libération plus accessibles afin de «faire son salut» dans le monde. La Bhagavad-gîtâ (= chant du Seigneur) indique une action possible au sein de la société: sagesse, compassion, rénovation de l'homme.
Le judaïsme, affirme le grand Rabbin de Belgique A. Guigui, retourne à la Bible pour y retrouver les réponses qu'y donne la Parole vivante de Dieu. La lettre du texte, interprétée par les rabbins de la Mishna et du Talmud, montre la route: aimer Dieu, l'imiter dans sa générosité absolue, dans la tolérance et l'ouverture à tous, y compris l'étranger, dans la justice et la charité. Relation de respect dans l'amour du conjoint, souci de l'écologie dans la préservation de la nature. Bref, attention à l'éthique face aux problèmes nouveaux, telles sont les caractéristiques d'une anthropologie révélée. A. Gesché, professeur émérite de l'Université de Louvain, théologien chevronné, titre: «Un Dieu incompréhensible pour un homme compréhensible». Le christianisme parle des rapports entre Dieu et l'homme. Pour dire Dieu, l'homme ne dispose que de mots «désarçonnés»: Dieu n'est objet de compréhension que par son action; l'inconnaissance théorique de Dieu en soi nous sauve, la connaissance de l'agir divin en Jésus Christ nous dit l'homme. L'incarnation dévoile tout ensemble Dieu et l'homme: l'indéchiffrable de l'Amour peut déchiffrer l'homme. L'histoire n'est plus fatale, car l'homme est défini comme liberté devant un amour non menaçant. Dieu et l'homme s'intersignifient dans la révélation de Jésus Christ.
De la faculté des religions et de la laïcité, le professeur K. Agha présente le Coran comme guide de ce monde et voie vers l'au-delà. L'Islam s'y réfère comme à la Vérité, car le musulman est responsable de sa destinée. L'homme n'est rien par lui-même, mais il est créé pour adorer Dieu et l'attester un. Il est vicaire (khalife) de Dieu qui lui confie la responsabilité de sa création. Proclamation du Dieu un, prière, jeûne, aumône et pèlerinage en expriment les fonctions, plus le jihad, ou combat spirituel pour construire la cité. La shari'a est la voie morale et religieuse définie par le Coran, parole de Dieu, et la sunna, tradition de son prophète; pécher, c'est y contrevenir.
À travers la diversité des conceptions religieuses de l'humain, on perçoit mieux l'aspiration profonde de l'homme à valoriser son état, par ailleurs précaire et fragile, en le resituant dans la création, la société humaine, et surtout sous le regard de Dieu qui se révèle. La préoccupation éthique suit la considération sur la liberté responsable devant autrui, le monde, la divinité. Cet ouvrage original de haute vulgarisation donne à réfléchir et à s'interroger sur l'essentiel. Nous en savons gré aux auteurs. - J. Radermakers, S.J.

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La NRT est une revue trimestrielle publiée par un groupe de professeurs de théologie, sous la responsabilité de la Compagnie de Jésus à Bruxelles.

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