«L'officina Bolognese», 1953-2003

(éd.) Giuseppe Alberigo
Storia - Census taker : Bruno Clarot s.j.
En 2003, on a fêté à Bologne le cinquantenaire de la fondation par G. Dossetti de «L'Institut pour les sciences religieuses». Ce livre trace une petite chronologie de cette fondation, avec le témoignage de deux membres du groupe initial, de nombreux documents sur les origines de la fondation, la liste des collections avec la centaine de volumes publiés par celles-ci, une courte biographie de fondateur et de nombreuses photographies.
G. Dossetti (1913-96) eut une vie fort sinueuse. Docteur en droit canonique de l'Université de Bologne, il devint Assistant à l'Université catholique de Milan, puis professeur à Modène entre 46 et 56. Avec trois amis de l'Action catholique, il entra en 1945 dans le parti démocrate chrétien, fut élu député, marqua de son empreinte la nouvelle constitution italienne et quitta la politique en 52, suite à un désaccord important avec de Gasperi, chef de gouvernement. Avec quelques laïcs, il fonde alors à Bologne, son «Institut pour les sciences religieuses» dans le but de promouvoir l'histoire religieuse négligée par les Universités italiennes, en le doublant d'une bibliothèque spécialisée en ce domaine. Déjà membre d'un Institut séculier depuis 36, il fonde en 54 sa propre famille religieuse d'inspiration monastique. En 56, sous la pression du Cardinal Lercaro, il s'engage dans la politique communale de Bologne dominée par les communistes. N'ayant pas pu leur arracher la majorité, il en sort rapidement pour être ordonné prêtre en 59. Il s'engage à fond dans la préparation du concile et y participera comme expert privé du Cardinal en y jouant un rôle important puisqu'il devint secrétaire des 4 Modérateurs. Après le concile, il aide le cardinal dans l'application des décrets au diocèse de Bologne, jusqu'au départ de Lercaro en 68. En 72, il fonde une maison de son Institut à Jéricho, puis une communauté en Jordanie et une autre de femmes en Calabre. L'Archevêque de Bologne approuve sa Règle et les Constitutions en 86. Devant l'afflux des vocations, Dossetti fonde un plus grand monastère près de Bologne. En 91 il renonce à sa charge de supérieur et meurt en 96.
Dans leurs souvenirs sur la fondation de l'Institut pour les Sciences religieuses, les époux Alberigo rappellent que c'est Dossetti qui a voulu ce projet communautaire, laïc et spirituel pour une recherche historique libre, souple, créative, avec une structure légère et destiné à des chercheurs post-universitaires. Minuscule au début, mais avec une croissance rapide, ce groupe menait une vie presque monacale et étudiait en commun des thèmes proposés par Dossetti. Il fallait créer au plus tôt une riche bibliothèque spécialisée à partir des pauvres 2.200 volumes des débuts, lesquels sont devenus aujourd'hui 460.000 avec 2.500 revues. L'étude en groupe ne fut pas facile à instituer et il fallut solliciter l'aide financière du public pour des bourses d'étude et les livres. Les chercheurs ont évité la simple érudition et se sont attaqués à des thèmes difficiles de la vie chrétienne actuelle. Les tensions internes furent parfois telles qu'elles entraînèrent le départ de quelques membres. Avec le départ de Dossetti, l'originalité spirituelle a baissé. Il reste néanmoins quelque chose de son esprit, entre autres l'implication totale de chacun dans une grande solidarité avec le groupe.
Dans le chapitre sur «une «brève chronologie de l'Institut», relevons qu'en 53 il débuta au rez-de-chaussée loué d'un ancien «Hospice des mendiants», puis loua peu à peu les deux étages; l'Université a racheté en 2000 l'établissement, l'a rénové, agrandi et l'a cédé gratuitement au groupe pour 50 ans, tout en respectant la liberté des chercheurs dont on appréciait l'efficacité. En 60, l'Institut s'est ouvert à l'oecuménisme et aux autres religions. Certains organismes et la Région interviennent dans son financement. Des membres du groupe deviennent professeurs dans des Universités officielles. En 70, il obtient une reconnaissance officielle; l'Université de Bologne crée en 76 un cours d'histoire des doctrines religieuses et le confie à un membre du groupe. En 81, Dossetti se fait remplacer à la tête du groupe par E. Bianchi, Prieur de Bose. En 93, reconnaissance officielle du doctorat en sciences religieuses conféré par la Haute École de l'Institut. En 99, Statut de collaboration avec l'Université de Bologne. En 2003, l'Institut peut accueillir 26 étudiants internes et 70 externes.
Suivent 160 pages de documents sur les débuts du Centre, avec lettres, projets et notes de Dossetti, puis la liste des collections d'ouvrages publiés par le groupe. On voit que cette fondation venait à son heure et se trouve solidement bâtie. Elle a résisté à bien des secousses et s'est imposée par sa valeur scientifique. Puisse-t-elle continuer longtemps sur cette ligne de qualité. - B. Clarot sj

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La NRT est une revue trimestrielle publiée par un groupe de professeurs de théologie, sous la responsabilité de la Compagnie de Jésus à Bruxelles.

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