Les collèges jésuites de Bruxelles. Histoire et pédagogie 1604 - 1835 - 1905 - 2005, éd. B. Stenuit

(éd.) B. Stenuit
Storia - Census taker : Henri Tihon s.j.
Ce volume n'intéressera pas seulement les milliers d'anciens et d'amis du collège centenaire: Bernard Stenuit et ses quatorze collaborateurs y touchent l'histoire de Bruxelles - voire des Pays-Bas -, la pédagogie, l'apostolat, l'architecture… Livre-monument: abondance des informations, multiples sous-titres, table et index détaillés, chronologie et indications bibliographiques…; chacun y trouvera son bien. La trentaine de contributions (de quelques pages à plus de 80) amènent fatalement quelques chevauchements, mais guère gênants.
On entrevoit d'abord la vie actuelle du site avec ses oeuvres et activités variées. Suivent des pages denses et claires sur la modernité et la ratio studiorum de 1599 et des collèges jésuites.
Un premier collège (1604), dont l'église était dédiée à saint Michel, a complètement disparu. Avec force détails - parfois un peu cryptiques - s'en révèle le rôle dans la vie culturelle de Bruxelles, notamment le théâtre (quelle savoureuse liste de 33 pièces jouées de 1605 à 1640!). On pourra s'étonner de la jeunesse et de la rotation rapide des professeurs comme de la diversité des apostolats de la communauté. Au-delà de l'effort éducatif général, les congrégations mariales approfondissent la vie spirituelle de nombreux volontaires. Il s'en crée aussi pour diverses catégories d'adultes qui compteront jusqu'à 3000 membres. On ne nous cache pas un déclin du collège et de la Compagnie de Jésus dans les Pays-Bas vers la fin du 18e s.
Le second collège, actuellement Sint Jan Berchmans, est mieux connu, avec son environnement culturel et religieux. En 1835, une étonnante mobilisation de la haute société catholique aboutit à la création d'un collège jésuite. Malgré le latin et le grec, le public en est d'abord plutôt populaire et de quartier. Mais le minerval mène bientôt à un 'élitisme' social, renforcé de 1843 à 1887 par un pensionnat très sélect. Pourtant s'ouvre en 1847 une section commerciale (sans latin!) qui, en 1900, compte 40% du secondaire. L'étude fouillée d'un «diplôme de satisfaction» nous déchiffre un projet pédagogique et sa réalisation idéale. Quarante pages évoquent le théâtre, formation pédagogique et événement mondain (jusqu'à 3000 spectateurs). Moins connues sont les «académies» réunissant des rhétos pour des exercices extrascolaires littéraires et surtout oratoires. On suivra avec intérêt l'évolution des congrégations. Sauf celles «des messieurs», elles se tassent relativement, par manque d'ouverture sur l'action, alors qu'apparaissent le scoutisme et l'Action Catholique. L'activité des jésuites dépassait largement le collège: quatre notices présentent de multiples apostolats extérieurs dans tous les milieux.
Un examen minutieux des archives montre comment s'élabora la décision du transfert. L'imposaient l'exiguïté, l'inadéquation et la vétusté des bâtiments, et la perspective de l'expropriation en vue de la future jonction Nord-Midi (elle ne fut que partielle). Retraçant des tractations complexes, l'heureuse mise au point de traditions orales assez floues ravira bien des lecteurs. Une bonne section présente l'église et son orgue, remarquable.
Une longue étude suit l'évolution de la politique pédagogique, ses acteurs, l'esprit du temps, les programmes et les méthodes, la population scolaire… Les mutations sont profondes: nouvelles sections puis surtout le passage au rénové, diverses formes de participation, mesures restrictives, grèves, décret Missions…. La dernière partie sera la plus lue. Les anciens s'y retrouveront dans ces Souvenirs, portraits et activités extrascolaires: échos de l'école primaire et d'un potache, le souffle du scoutisme… Le «diglou» par excellence narre le passé et le présent de La Diglette. Après huit portraits de figures marquantes, le chapitre des activités extrascolaires traite d'abord des congrégations. Pie XII, en leur reconnaissant le caractère d'action catholique, leur insuffla un nouvel élan. Rien n'est malheureusement dit des Cadets («cristal, coeur, cran») ni de la JEC si florissante dans les années 1930 (cercles d'études, choeur parlé de l'expo 35…). Les revues des élèves et celles des anciens sont décrites et analysées. Suivent les académies et évidemment le théâtre…
Le bref épilogue compare la place des trois collèges dans leur société puis décrit les axes de l'avenir du collège polyphonique actuel, et ses atouts pour une formation ouverte au monde, éthique et critique, tentant d'apprendre à «discerner ce qui fait la gloire de l'homme… et donc la gloire de Dieu». Ad multos annos… - H. Tihon sj

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La NRT est une revue trimestrielle publiée par un groupe de professeurs de théologie, sous la responsabilité de la Compagnie de Jésus à Bruxelles.

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