Magistero e teologia morale nel postconcilio

Paolo Carlotti
Teologia - reviewer : Pascal Ide

Professeur ordinaire de théologie morale fondamentale à l’Université salésienne à Rome, l’A. a réuni différentes publications et les a reprises dans cet ouvrage qui est une histoire doctrinale de la théologie morale dans sa relation avec le Magistère depuis le dernier Concile. Les 4 chap. parcourent successivement : la théologie morale à Vatican ii, avec une attention particulière sur le fameux numéro 16 d’Optatam totius ; l’enseignement de Paul vi, singulièrement l’encyclique Humanæ vitæ (1968) ; celui de Jean-Paul ii qui, dans l’encyclique Veritatis Splendor (1993), est centré sur l’objectivité morale ; le Magistère du pape François qui est relu comme attention nouvelle accordée au sujet, c.-à-d. à la responsabilité et à la conscience morale du sujet. Nulle conclusion ne vient ressaisir cette suite de monographies qui fait donc l’impasse sur l’enseignement moral de Benoît xvi.

Le livre s’ouvre sur une déclaration qui en indique la perspective : « pour la théologie morale d’aujourd’hui, beaucoup de questions éthiques actuelles trouvent » la Sainte Écriture et la Tradition « non seulement silencieuses », mais « avec d’évidentes insuffisances […] normatives », ce qui requiert de « sérieusement les repenser herméneutiquement » (p. 9). Il n’est pas inutile de rappeler dans ces colonnes le fin discernement d’Albert Chapelle qui, nonosbtant les mérites de l’approche herméneutique, en relevait les deux faiblesses congénitales – la séparation, héritée du kantisme, entre phénomène et chose en soi ; la rupture, héritée du constructivisme culturaliste, entre le particulier et l’universel –, faiblesses qu’une métaphysique de l’être et une épistémologie réaliste permettent de conjurer.

La seule présentation qui vient d’être faite montre aussi que l’ouvrage s’inscrit dans une herméneutique de la rupture et non de la continuité, opposant indûment une prétendue morale de l’objectivité chez Jean-Paul ii (alors qu’elle accorde une place inédite à la conscience) et une prétendue morale de la subjectivité chez François (alors que, p. ex., Amoris laetitia cite abondamment Familiaris consortio). On notera aussi, dans le sillage des travaux de Jean-François Chiron, une conception très restrictive de la portée du Magistère ecclésial aux déclarations ex cathedra (p. 82). — P.I.

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La NRT est une revue trimestrielle publiée par un groupe de professeurs de théologie, sous la responsabilité de la Compagnie de Jésus à Bruxelles.

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