Sterbliche Götter - göttliche Menschen. Psalm 82 und seine frühchristlichen Deutungen

Christian Gers-Uphaus
Sacra Scrittura - Census taker : Boris Paschke

Cet ouvrage est la publication du mémoire de maîtrise que l’A. a soumis à la Fac. de théol. cath. de l’Univ. de Münster (Allemagne) en 2011. Comme l’A. le concède lui-même, la monographie n’a pas été mise à jour en suivant les recherches actuelles (p. 7).

Malgré cela, l’étude est très enrichissante et pertinente. Elle se focalise sur l’analyse de la réception paléochrétienne du Ps 82 qui jouait un rôle crucial dans le débat vétérotestamentaire sur le monothéisme. Le v. 7, dans le contexte d’un conseil polythéiste des divinités, n’annonce rien de moins que la mort des dieux païens. Il est considéré en conséquence comme l’« un des textes les plus spectaculaires de l’AT » (E. Zenger, p. 13).

Après une recherche du texte hébreu et des interprétations juives dans la Septante (Ps 81 LXX) et à Qumrân (11QMelch), la citation de Ps 82,6 dans Jn 10,34 – selon l’A., la seule référence au psaume dans le NT (p. 108 ; mais voir l’allusion possible de Lc 20,21 à Ps 81,2 LXX) – est étudiée sans cependant tenir compte des articles pertinents d’A.T. Hanson (NTS 11, 1965 et 13, 1967). Puis, étant donné que le psaume se ne trouve pas chez les Pères apostoliques (p. 142), l’A. analyse sa réception chez des Pères de l’Église, de Justin jusqu’à Augustin d’Hippone.

Délibérément, l’A. n’a recherché ni les versions latines (p. ex. la Vulgate) du Ps 82 (p. 139) ni d’éventuelles références dans les apocryphes chrétiens (p. 142). Signalons qu’une citation du Ps 82,6-7 se trouve dans l’Épître du Pseudo-Tite au ve siècle (voir Codex Burchardi, Würzburg, f. 93r : Dom D. De Bruyne, RBen 37, 1925, p. 62, l. 592-594).

À la fin, l’A. récapitule ses résultats convaincants : dans la réception paléochrétienne du Ps 82, le sujet du monothéisme ne joue plus un rôle dominant. L’interprétation est plutôt christologique (Jésus-Christ comme Dieu), anthropologique (des êtres humains comme des dieux) ou eschatologique (Dieu comme juge futur de l’humanité).

Récemment (Biblische Zeitschrift 2019), l’A. a publié un article sur son sujet. Au livre très instructif ici recensé, la communauté internationale et œcuménique des théologiens pourrait souhaiter la bienvenue avec un aphorisme de l’historien romain Tite-Live (iv, 2, 11) : « mieux vaut tard que jamais ! » — B. Paschke

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La NRT est une revue trimestrielle publiée par un groupe de professeurs de théologie, sous la responsabilité de la Compagnie de Jésus à Bruxelles.

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