In response to the current dual temptation of eschatological relativism and evolutionary optimism, the thought of Hans Urs von Balthasar offers a theology of progress rooted in the experience of faith. Based on the concept of the experience of faith (Glaubenserfahrung), this article shows that Christian progress is neither a matter of “always getting better” nor a mere temporal succession, but is inscribed within a Paschal and Trinitarian logic. Time is thus understood as “cruciform,” a crossing between divine kairos and human chronos.
Le mouvement de la théologie de l’expérience, émergeant dans les années 1960, porte le souci fondamental qu’exprimera le concile Vatican ii en cherchant de « nouvelles herméneutiques pour dialoguer plus directement avec l’expérience de l’homme séculier contemporain1 ». L’expérience de l’homme y est considérée comme un lieu de révélation divine. Hans Urs von Balthasar, bien qu’il dénonçât encore à la fin de sa vie le terme d’expérience comme « équivoque et mal circonscrit2 », le reconnaissait bien comme « s’écriv[ant] partout en lettres capitales » et devant être abordé théologiquement. Dans le premier tome de l’Esthétique théologique, Voir la Figure3, Balthasar choisit à dessein le vocable Erfahrung « connaissance acquise par le déplacement4 » pour évoquer l’expérience de la foi, Glaubenserfahrung, et non celui d’Erlebnis, le vécu de…