Cet ouvrage rassemble les études issues de l’atelier de lecture organisé par l’Université de Lille en l’honneur de Michel Crubellier. Ces études parcourent l’ensemble des 13 chap. du livre iii du De Anima qui constitue l’un des sommets de l’œuvre d’Aristote. Chacune de ces études correspond à un chapitre du livre iii, ce qui permet de parcourir celui-ci entièrement. Comme le souligne l’avant-propos, il est difficile de préciser l’objet de cette partie du De Anima, laquelle porte à la fois sur la sensibilité, l’imagination et la motricité qui sont des facultés communes aux animaux et à l’homme, mais aussi sur les facultés cognitives spécifiques à l’homme. Si cette partie reste difficile à interpréter, ces études proposent néanmoins de donner un « guide pour éclairer les enjeux » du livre iii en s’arrêtant notamment sur ses aspérités. C’est un ouvrage scientifique, par conséquent exigeant et qui demande une connaissance du grec ancien.

Dans la 1re étude, Pierre Pellegrin se demande si Aristote répond à la question qui commande le 1er chap. du livre iii, à savoir : existe-t-il un sixième sens ?

L’étude de Dorothea Frede porte sur un des pivots de la théorie de la connaissance aristotélicienne, l’imagination. Elle présente la distinction faite par Aristote entre l’imagination active ou créative et l’imagination réceptive.

Dans une étude fouillée et solidement argumentée Stephen Menn présente le difficile et controversé chap. 5 qui introduit la notion de nous poiétikos. Il partage la thèse de Victor Caston pour qui ce nous ne peut constituer une faculté ou partie de l’âme humaine, ce qui met à mal, par exemple, l’existence de l’intellect agent, pièce maîtresse de la théorie de la connaissance de Thomas d’Aquin.

Michel Crubellier nous offre un commentaire serré du chap. 8, lequel est structuré en deux parties : la 1re cherche à prouver que « l’âme est d’une certaine façon toutes choses », la 2de que « les intelligibles sont dans les formes sensibles ». Le texte d’Aristote n’explicite rien sur la relation entre ces deux parties, l’A. veut alors montrer la continuité qui existe entre elles : la 2de complète la 1re et permet de préciser le lien entre l’intellection et la perception.

Pour conclure, ces études sont stimulantes, elles proposent des hypothèses, des conjectures et des réponses susceptibles d’ouvrir un débat de sorte qu’on aurait aimé avoir accès aux discussions qui ont pu suivre ces lectures. Ce livre est exigeant mais il permet un réel approfondissement de l’anthropologie aristotélicienne de la connaissance. — F.-F. Lot c.s.j.

newsletter


the journal


NRT is a quarterly journal published by a group of Theology professors, under the supervision of the Society of Jesus in Brussels.

contact


Nouvelle revue théologique
Boulevard Saint-Michel, 24
1040 Bruxelles, Belgium