On attendait avec curiosité le témoignage du nouvel archevêque de Paris (depuis 2022), Mgr Laurent Ulrich, qui fut archevêque de Chambéry puis de Lille. On supposait qu’il y évoquerait l’incendie de Notre-Dame et surtout de sa magistrale réouverture. Mais si dans ce petit livre, il en est bien question, il ne s’agit pourtant pas de cela seulement. Car la résurrection de la cathédrale constitue d’abord un signe de joie, et d’espérance (à laquelle l’A. avait déjà consacré un ouvrage, L’espérance ne déçoit pas, Bayard, 2014). Même si l’intitulé du livre porte sur la liberté de Dieu, ce Dieu qui, comme le disait St Thomas, est maxime liberalis, le plus libre, il ne s’agit pas d’un livre austère et conceptuel. Sans doute l’A. n’oublie pas de s’appuyer sur les auteurs qu’il affectionne (Kierkegaard, Blondel, François de Sales, ou encore aussi les poètes comme C. Bobin) mais c’est comme pasteur qu’il aborde la question. Dieu est libre et il s’adresse à un homme libre : proclamation essentielle en une époque bouleversée et travaillée par le vide spirituel et la quête de sens (p. 66-69). Toujours Dieu invite. Jamais Il ne contraint. D’où, conformément à cette prodigieuse gratuité de Dieu, le plaidoyer de l’A. pour une Église enracinée dans le terreau humain, mais toujours plus hospitalière (p. 83-84), respectueuse d’une laïcité ouverte, comme d’une intériorité renouvelée par une liturgie qui soit aussi comme une poétique de l’existence (p. 92-93). C’est ce dont le diocèse de Paris ne cesse de témoigner toujours davantage, heureux d’une « joie de croire [c’est la devise de Mgr Ulrich] qui ne soit pas fuite en avant mais vision prophétique d’avenir » (p. 152). Les saints (p. 127) ceux d’autrefois comme ceux d’aujourd’hui, chaque chrétien au cœur du Peuple de Dieu, en acceptant de s’engager dans l’espérance, sont les témoins de cette liberté de Dieu à l’œuvre. Un livre traversé par une vision résolument positive même s’il n’élude pas les défis qui sont bien les nôtres. — M.-J. Coutagne