Le titre du livre pourrait faire croire à une exégèse originale mais il est plutôt à comprendre comme une « introduction » à la prière dominicale, destinée à un public qui ne fréquente pas les bibliothèques : « les livres cités ne sont pas toujours aussi accessibles que les articles en ligne, c’est pourquoi des liens internet ont été inclus parmi les références… Les lecteurs loin des bibliothèques ou librairies spécialisées auront ainsi des accès pratiques pour nourrir leurs propres recherches et leur réflexion » (p. 7). Le site Wikipédia y joue un rôle très important (p. 7, 142).
L’ouvrage est structuré d’une manière logique : après des remarques concernant le Notre Père dans son ensemble (p. ex. l’araméen comme sa langue originale probable), l’A. explique chaque ligne (et presque même chaque mot) sur la base des traductions françaises et en se référant souvent au texte grec transcrit. Commençant par l’adresse « (Notre) Père » (Mt 6,9 ; Lc 11,2), les demandes (sept chez Mt et cinq chez Lc) sont expliquées. Enfin, la doxologie (textuellement secondaire) dans Mt 6,13 est traitée.
D’après l’A., son ouvrage est « une méditation ou un commentaire du Notre Père » (p. 134). Toutefois, il s’agit plus d’un commentaire que d’une méditation. Il y a, certes, quelques applications spirituelles (p. 46). Mais la plupart du contenu est plutôt théorétique. Il arrive que l’A. se perde dans des détails linguistiques et historiques, mentionnant alors la nécessité de revenir au texte lui-même (p. 45, 75).
Il est impossible de commenter ici en détail l’exégèse de l’A. Quelques remarques cependant : l’A. insiste sur le caractère communautaire de la prière du Notre Père, prenant appui sur les formes en « nous ». Néanmoins, l’interprétation du « tu » comme indication possible du caractère individuel (p. 17) nous paraît moins claire.
Signalons enfin que l’A. a déjà publié, chez le même éditeur, un livre intitulé Le Credo revisité (2015). En outre, il annonce l’étude Le Kérygme revisité (p. 25), à paraître, elle aussi, aux Éditions Olivétan. — B. Paschke