Manichaeism: Encounters with Death. Studies in the Parabolic, Material and Spiritual Body

Susanna Towers
History of thought - reviewer : Jacques Scheuer s.j.

Le manichéisme a depuis longtemps disparu de la carte. Il n’en a pas moins connu, durant le 1er millénaire et au-delà, une diffusion spectaculaire, du bassin méditerranéen à la Chine en passant par le Moyen-Orient (son berceau) et l’Asie centrale. Cette diffusion ainsi que la prétention de Mani (216-274) de poursuivre et d’achever le ministère de prophètes tels que Zoroastre, le Bouddha et Jésus, situent cette religion à visée universelle au contact de plusieurs autres. L’étude des doctrines manichéennes et des controverses qu’elles ont suscitées nous place donc au carrefour de nombre de langues, de cultures et de traditions religieuses. Le thème de la mort est ici l’occasion d’une enquête patiente et fort documentée sur ces contacts et ces échanges. Riche et complexe, ce thème touche évidemment aux conceptions du mal et du salut, à l’eschatologie, à la liturgie.

Les 3 premiers chap. examinent tour à tour : la destinée et les étapes du voyage de l’âme selon le statut des défunts (élus, catéchumènes ou pécheurs) ; le rapport de l’âme et du corps ainsi que la protection contre les forces démoniaques à l’article de la mort ; les rites funéraires et l’expression du deuil ainsi que la commémoration des défunts. Un chap. prend en considération les souffrances et la mise à mort du fondateur, les interprétations qu’elles ont inspirées (victime, martyr) ainsi que les rapprochements avec la mort du Christ et le parinirvâna du Bouddha. Les 3 derniers chap. proposent l’examen de paraboles ou de contes et récits populaires à portée éthique, parénétique et spirituelle mettant en scène des cadavres, des revenants et des démons. Il arrive fréquemment que ces textes reprennent, adaptent et réinterprètent des sources iraniennes, bibliques ou encore bouddhiques. L’A. tente d’identifier plus précisément ces parallèles ou ces sources tout en montrant que des images semblables et même des formulations communes (p. ex. « corps de mort » Rm 7,24) peuvent recouvrir des conceptions doctrinales distinctes voire inconciliables. De façon surprenante, Eliade est plusieurs fois cité et répertorié sous son prénom, Mircea. — J.S.

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