Dans ce joli divertissement littéraire, Jean-Robert Pitte – géographe, académicien, ancien président de la Sorbonne et surtout grand connaisseur du vin, du vignoble et de leur histoire – raconte davantage une histoire de la réception du récit noachique qu’il ne fait une véritable exégèse de Gn 2–9. Cette histoire de la réception est d’ailleurs largement illustrée par une petite cinquantaine de reproductions – du xe s. (enluminure espagnole) au xxe s. (Rob Leinweber et Marc Chagall) – des différents épisodes de la vie du patriarche. Ces 7 épisodes (La colère de Dieu ; Noé, l’élu ; L’arche ; Le Déluge ; L’alliance ; L’ivresse ; La malédiction) constituent la trame et les chap. du livret. Contrairement à ce que pourrait laisser entendre le sous-titre (« La vigne de la vie ») et même si le personnage de Noé est indubitablement associé à cette liane, il est assez peu question de vigne et de vin dans l’ouvrage : au début, l’A. reprenant la tradition selon laquelle le fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal était le raisin (p. 14s), et à la fin, bien sûr, avec l’ivresse de Noé (p. 89s). Puisse Noé, comme l’A. le souhaite dans sa conclusion, continuer à inspirer les croyants et « leur insuffler de l’espérance lorsque surviennent de grandes calamités devant lesquelles l’espèce humaine se sent impuissante, même lorsqu’elle en est responsable et qu’elle répugne à l’admettre » (p. 111). — D.L.