The Gospel of Mark’s Judaism and the Death of Christ as Ransom for Many
John Van MaarenHoly Scripture - reviewer : Alain de Boudemange
L’ouvrage de John Van Maaren s’inscrit dans le sillage des nombreuses études récentes qui remettent en lumière l’enracinement juif du NT. À la suite des recherches de M. Konradt, l’A. se concentre sur l’évangile de Mc et vise à montrer, contrairement aux approches habituelles, que celui-ci est bien à situer comme « une forme du Judaïsme du premier siècle ». La réflexion s’articule autour de 5 chap. sur l’histoire de la recherche (chap. 2), le rôle de la loi écrite dans le comportement moral (chap. 3), la place des nations (chap. 4), le Royaume de Dieu (chap. 5) et la mort de Jésus (chap. 6). L’A. commence par montrer comment l’hypothèse d’un « Marc païen », largement développée depuis le xixe s., continue à exercer une influence considérable sur l’exégèse moderne. Les quelques passages où Jésus semble relativiser l’autorité de la Loi (Mc 2,23-28 ; 3,1-6 ; 7,1-23 ; 10,17-31) sont compris comme des discussion internes et habituelles dans le judaïsme dans lesquelles Jésus ne remet pas en cause la valeur fondamentale de la Loi écrite. Vient alors la discussion sur l’ouverture du ministère de Jésus aux nations. J. Van Maaren discute l’épisode du possédé gérasénien (5,1-20), celui de la Syrophénicienne (7,24-30) et du centurion au pied de la croix (15,39) pour montrer que l’enjeu est davantage le rassemblement de l’Israël dispersé que l’ouverture vers les nations. Le Royaume de Dieu, thème majeur de Mc, est à comprendre dans le sens d’une restauration nationale du Judaïsme. Ainsi, la mort de Jésus « en rançon pour la multitude » (10,45 ; cf. 14,24) manifeste le propos de Jésus de rassembler Israël, en particulier les tribus du Nord dispersées en Galilée et de par le monde. L’ensemble de la réflexion conduit à corriger une vision trop étroite de l’évangile de Mc et ouvre, à n’en pas douter, de nouvelles pistes de réflexions pour comprendre les évangiles à l’intérieur du judaïsme du ier s. — A.d.B.