Théologie de Saint Thomas d’Aquin. Synthèse et thèmes
(dir.) Philippe-Marie MargelidonTheology - reviewer : Pascal Ide
Le dominicain Philippe-Marie Margelidon, directeur de la Revue thomiste et enseignant à l’Institut catholique de Toulouse est bien connu des études thomistes pour son triple souci d’approfondir sa compréhension du Docteur commun à travers des essais scientifiques, notamment en christologie et en eschatologie, de le rendre accessible (Dictionnaire de philosophie et de théologie thomistes, 2011) et le faire dialoguer avec d’autres penseurs (comme Aimé Forest). Ce collectif illustre la deuxième préoccupation, en offrant un parcours des grands thèmes, plus, des grands traités de la théologie thomasienne, selon l’ordre si pédagogique de la Somme de théologie. Cet objectif oblige à des ajustements bienvenus comme l’introduction d’une ecclésiologie (chap. 11) dont on sait, depuis une étude fameuse du p. Congar, que, si elle n’est pas formellement présente dans la Summa theologiae, elle l’est, ô combien, matériellement. Il invite aussi à d’utiles mises au point initiales : « le projet de saint Thomas est, dès le départ et en son entier, théologique » (p. 9) – Thomas n’ayant jamais enseigné à la faculté des arts ; « l’ethos spirituel de la théologie thomasienne est le silence » (p. 11), affirmation qui ouvre à un développement profond sur la taciturnitas comme recueillement admiratif et consentement à l’être et, ajoutons, l’adoration obéissante au Mystère qui se donne.
L’on saluera ce travail utile qui rassemble des chercheurs qui sont aussi des enseignants. Il honore pleinement le sous-titre de l’ouvrage, en se présentant comme une utile synthèse des thèmes principaux de la théologie thomasienne. Le collectif n’échappe pas à la limite du genre : la juxtaposition des exposés, qui peut aller jusqu’à la difficile compatibilité, p. ex. entre, d’une part, la différence heureusement soulignée par Henri Donnaud entre théologie en son sens actuel (scientia fidei) et theologia à l’époque de Thomas (doctrina sacra) (p. 22-25), et, d’autre part, l’affirmation par Gilbert Dahan que, « pendant tout le xiiie s., le terme de théologie [theologia] conserve l’ambiguïté […] : parole de Dieu et parole sur Dieu » (p. 58). Mais cette juxtaposition est largement compensée par la communauté d’« école » de la grande majorité des contributeurs. Pour une ultérieure réédition (souhaitée !), un index nominum serait bienvenu. — P.I.