Towards a Common Date for Easter
(éd.) Sandra Beardsall (éd.) Martin IllertTheology - reviewer : Alban Massie s.j.
Publié à l’occasion du 1700ᵉ anniversaire du concile de Nicée, ce volume du Conseil œcuménique des Églises relance la question récurrente d’une date commune pour la fête de Pâques. Il reprend les actes d’un webinaire international organisé en février 2025, auquel ont contribué des représentants des traditions orthodoxe, copte, catholique et luthérienne.
Le métropolite Job (Patriarcat œcuménique) rappelle que le concile de Nicée (325) a établi le principe d’une Pâque célébrée le dimanche suivant la première pleine lune après l’équinoxe de printemps. Le problème n’est pas la règle, partagée par tous, mais les outils de calcul, fondés sur des calendriers obsolètes (julien ou grégorien). Plusieurs tentatives de réforme, notamment orthodoxes, sont restées sans suite.
Arsenius Mikhail, historien copte vivant aux États-Unis, souligne les conséquences pastorales du décalage pascal pour les diasporas orientales. Il plaide pour une réforme ancrée dans la tradition mais attentive aux réalités vécues par les fidèles.
Johannes Oeldemann (catholique) rappelle que l’Église romaine, dans la ligne du concile Vatican II, est prête à adopter toute solution permettant l’unité. Le cas finlandais, présenté par Tomi Karttunen, montre qu’une convergence liturgique durable est possible : les orthodoxes y célèbrent déjà Pâques selon les calculs astronomiques modernes.
Le volume republie la Déclaration d’Alep (1997), peu accessible jusqu’à présent. Ce texte propose de conserver les normes nicéennes tout en les réactualisant par des données astronomiques précises, avec Jérusalem comme point de référence. Il recommande une adoption progressive, selon les contextes ecclésiaux.
L’ensemble constitue une contribution précieuse à la réflexion œcuménique. Le projet d’une date commune de Pâques, loin d’uniformiser, pourrait manifester visiblement l’unité autour du mystère central de la foi chrétienne.