Dès 1920, migrants clandestins et passeurs se pressaient aux portes de la France, prêts à tous les sacrifices et à toutes les ruses que pouvait exiger la perspective d’un travail ou de la liberté pour les premiers, d’une somme rondelette pour les seconds1.
Ainsi est décrite la situation dans la vallée de la Roya dans les années de l’entre-deux-guerres2. L’histoire se répète même si, pour nombre d’entre nous, la frontière actuelle est devenue quasi invisible. Cette interface frontalière, où les derniers reliefs des Alpes touchent le rivage méditerranéen, qui sépare et relie, est devenue pour certains douloureuse et complexe. En témoigne l’exposition médiatique des années 2015-20163, lorsqu’un groupe de migrants décida de marcher en cortège vers le poste-frontière de Menton. C’est finalement l’église Sant’Antonio in Gianchette, située…