Lettere al fratello Giacomo (1880-1888), éd. M.T. Falzone

V. Cusmano
Storia - Census taker : Bruno Clarot s.j.
Giacomo Cusmano (1834-1888) est une des personnalités les plus marquantes de l'Église sicilienne au XIXe s. Né à Palerme dans une famille bourgeoise très pieuse et charitable, Giacomo devint d'abord médecin pour aller évangéliser les Peaux-Rouges, puis changea d'idée pour travailler comme médecin pendant 4 ans en soignant surtout les pauvres. Il devint prêtre en 1860, toujours pour s'occuper des pauvres. Sa soeur aînée, Vincenzina, l'avait élevé après la mort de leur mère, alors qu'il n'avait que 3 ans; elle renonça au carmel pour accompagner son frère prêtre. Celui-ci fonda tout d'abord une maison pour filles pauvres et une autre pour assister les mourants. Devenu desservant d'une église de Palerme, il fut, avec son curé, assigné à résidence pendant deux mois dans une abbaye bénédictine par les autorités anticléricales. C'est là qu'il décida de créer le mouvement «la bouchée du pauvre», pour imiter une famille où chaque membre mettait de côté une bouchée sur chaque mets et, à la fin du repas, on offrait le tout à un pauvre. De 1867 à 1872, l'oeuvre prospéra grâce à l'appui de prêtres et de laïcs, puis elle périclita faute de collaborateurs. Alors il décida de fonder une congrégation pour assurer la pérennité de l'aide aux pauvres. En 1880, il lança la congrégation des «Servantes des pauvres» et des groupes de dames pour les appuyer: «les dames de la charité». Deux autres fondations suivirent, l'une de Frères, l'autre de prêtres. Giacomo les dota d'une solide spiritualité d'amour des pauvres fondé sur l'amour du Christ présent en eux. Il voulait les pauvres premiers servis, même au détriment des religieux. C'est en 1888 qu'il mourut brusquement. Il a été béatifié en 1983.
Sa soeur, Vincenzina (1826-1894) suivit son frère après avoir essayé de le détourner de ces folles entreprises à cause de sa faible santé, puis elle le seconda efficacement. Chargée du groupe des «dames de charité», elle s'opposa d'abord à la création des «Servantes des pauvres», puis, là aussi, elle collabora loyalement et entra dans la congrégation dont elle devint vite Supérieure Générale. C'est de là que date la correspondance avec son frère. Ces lettres nous font connaître le détail de l'oeuvre «la bouchée de pain» et de la congrégation féminine à ses débuts, avec toutes les questions qui se posaient. On y découvre l'importance que l'aide aux pauvres a prise chez les autorités civiles et religieuses, mais aussi les nombreuses promesses non tenues par elles. La politique fausse le jeu. On pénètre dans les réalités sociales de ce temps en Sicile et les différences entre les régions de la côte et celles de l'intérieur. Les soeurs aussi reflètent leurs milieux avec qualités et défauts. La spiritualité de Vincenzina fait écho à celle de son directeur spirituel à Palerme, don Turano. On peut la connaître en lisant sa correspondance avec lui, car elle a déjà été éditée, tout comme les réponses du frère à sa soeur.
Les 231 lettres de Vincenzina à son frère sont de la main de la soeur, sauf à la fin, où elles sont dictées à sa secrétaire qui est aussi sa nièce. L'éditrice explique les quelques obscurités rencontrées et corrige certaines petites erreurs manifestes. Elle a groupé les lettres dans l'ordre chronologique d'après les lieux d'où elles furent envoyées avec leurs contextes particuliers: Palerme, Agrigente, Valgarnera, Monreale, San Cataldo et Canicati. Un index reprend les noms propres.
Il est précieux de trouver tant de détails concrets, observés par une femme, sur les religieuses, les pauvres, le clergé et les laïcs pour mieux comprendre certains milieux et les problèmes d'une époque. - B. Clarot sj

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La NRT est une revue trimestrielle publiée par un groupe de professeurs de théologie, sous la responsabilité de la Compagnie de Jésus à Bruxelles.

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