Do not follow this hidden link or you will be blocked from this website !

They believed and followed Moses. From the Exodus to John by the Jewish tradition

Michel Remaud f.m.i.
The comparison of the fourth gospel with the rabbinical commentaries on Moses and the manna (as in the midrash Exodus Rabba, the Mekhilta de-Rabbi Ishmael and that de-Rabbi Shimon ben Yohaï) shows a background suitable for bringing out one of the points of the Johannine text: Moses himself gives testimony to Jesus (Jn 5,46-47) and leads to believing in the work of God in the one whom the Father has sent (Jn 6,29).

L’exégèse a relevé depuis longtemps de nombreuses correspondances entre l’évangile de Jean et le livre de l’Exode. Raymond Edward Brown écrivait par exemple en 1966 que l’histoire de Moïse et de l’Exode était un des motifs dominants du quatrième évangile. Il illustrait cette affirmation par quelques exemples : les références explicites à Moïse et à la manne, la notion de signe, les allusions à l’eau jaillie du rocher, au serpent d’airain1... On pourrait prolonger cette liste.

La fréquentation des sources rabbiniques autorise aussi des comparaisons entre l’évangile de Jean et les commentaires juifs anciens sur le livre de l’Exode. Nous nous arrêterons ici sur ce qui concerne la foi d’Israël et son rapport avec le don de la manne. Après avoir relevé les passages de l’Exode où figure le verbe « croire », nous verrons ce que disent les midrashim sur ces textes, avant de proposer une comparaison entre ces commentaires juifs et certains passages du quatrième évangile2.

I Le verbe « croire » dans l’Exode

Le verbe « croire » (, he’emin) apparaît huit fois dans le livre de l’Exode :

  • 4,1 : « Ils ne me croiront pas. »

  • 4,5 : « Afin qu’ils croient que le Seigneur t’est apparu. »

  • 4,8 : « S’ils ne te croient pas et n’écoutent pas la voix du premier signe, ils croiront à la voix du second. »

  • 4,9 : « S’ils ne croient pas même à ces deux signes… »

  • 4,31 : « Le peuple crut. »

  • 14,31 : « Le peuple craignit le Seigneur ; et il crut en le Seigneur et en Moïse, son serviteur. »

  • 19,9 : « Voici que je vais venir vers toi dans l’épaisseur de la nuée, afin que le peuple entende quand je parlerai avec toi, et qu’en toi aussi ils croient à jamais. »

La construction grammaticale et l’usage de ce verbe doivent être examinés attentivement.

Dans un cas, le verbe n’est suivi d’aucun complément (4,31).

Dans quatre cas, le texte parle de croire à (4,1 ; 4,8 ; 4,9)3.

Dans un cas, il est question de croire que (4,5)4.

Dans les deux derniers cas, il est question de croire en (14,31 ; 19,9)5.

Ces huit occurrences sont toutes relatives à Moïse ou à sa mission, et les six premières se trouvent dans le chapitre 4.

Le livre de l’Exode parle une seule fois de croire en Dieu (14,31). Dans ce verset, le même acte de foi se rapporte en même temps à Dieu et à Moïse. Le livre de l’Exode ne parle donc jamais de la foi en Dieu seul. La foi en Dieu y est associée à la foi en Moïse.

II Les commentaires rabbiniques sur ces textes

Comme on vient de le voir, la première apparition du verbe croire, dans l’Exode, se trouve dans la bouche de Moïse et sous la forme d’une négation : « Ils ne me croiront pas et ils n’écouteront pas ma voix6. » Cette affirmation de l’incrédulité supposée d’Israël est un des prétextes invoqués par Moïse pour se dérober à sa mission. Dieu venait de lui dire : « Ils écouteront ta voix. » (Ex 3,18). Moïse se rend donc doublement coupable : il fait de Dieu un menteur, puisqu’il ose le contredire, et il calomnie Israël, qu’il accuse d’incrédulité. Quelques versets plus loin, le texte dit en effet : « Le peuple crut » (4,31). Le midrash interprète ce verset comme un démenti de l’affirmation de Moïse, et poursuit par une plaidoirie en faveur d’Israël : « Ils sont croyants et fils de croyants ». Croyants, comme le montre le fait qu’ils ont cru effectivement à la parole de Moïse ; fils de croyants, c’est-à-dire, en réalité, fils d’Abraham, dont l’Écriture dit : « Il crut dans le Seigneur, qui le lui compta comme justice » (Gn 15,6).

Ces développements se trouvent dans le midrash Exode Rabba7. Ils sont marqués par une volonté, vraisemblablement polémique, de défendre Israël contre l’accusation d’incrédulité.

S’il est difficile de dater les traditions rapportées par le Midrash Rabba sur les premiers chapitres de l’Exode, il n’en va pas de même pour la Mekhilta de-Rabbi Ishmael, qui est l’un des témoignages les plus anciens de la tradition rabbinique8. Nous nous arrêterons plus longuement sur cette source.

Dans le livre de l’Exode, l’affirmation la plus forte de la foi d’Israël, en dehors du chapitre 4 (qui n’est pas commenté dans la Mekhilta), se trouve après le récit de la traversée de la Mer Rouge, dans le verset qui introduit le cantique que chantèrent Moïse et les fils d’Israël : « Le peuple craignit le Seigneur ; et il crut en le Seigneur et en Moïse son serviteur » (14,31)9. Ce verset se trouve ainsi commenté dans la Mekhilta :

Ils crurent en le Seigneur et en Moïse son serviteur. S’ils ont cru en Moïse, à plus forte raison [ont-ils cru] dans le Seigneur. Cela vient pour t’enseigner que quiconque croit dans le berger d’Israël10, c’est comme s’il croyait en Celui-qui-dit-et-le-monde-fut11. De la même manière, tu dis : Le peuple parla contre Dieu et contre Moïse (Nb 21,5). S’ils ont parlé contre Dieu, à plus forte raison [ont-ils parlé] contre Moïse. Mais cela vient pour t’enseigner que quiconque parle contre le berger d’Israël, c’est comme s’il parlait contre Celui-qui-dit-et-le-monde-fut12.

La Mekhilta poursuit par un long développement sur la foi, introduit par la formule « Grande est la foi » et louant la foi d’Abraham, des patriarches et d’Israël13.

Selon le texte biblique, la foi d’Israël est la conséquence du passage de la mer : les fils d’Israël crurent parce qu’ils avaient vu à l’œuvre la puissance de Dieu14. Le commentaire, nous y reviendrons, n’a pas relevé cet enchaînement, qui semble pourtant être la leçon essentielle du verset, et s’est arrêté sur les mots « en le Seigneur et en Moïse », pour souligner que la foi en Dieu est indissociable de la foi en Moïse. D’une manière inattendue, l’explication argumentée de ce lien entre foi en Dieu et foi en Moïse se trouve dans un autre contexte, où elle prend appui sur un verset où il n’est pas question de foi : « Ils firent cuire en galettes azymes la pâte qu’ils avaient emportée d’Égypte ; car elle n’avait pas levé. Chassés d’Égypte, en effet, ils n’avaient pu s’attarder et ils ne s’étaient même pas procuré de provisions » (Ex 12,39)15.

Un grand miracle fut accompli en leur faveur, avec ces galettes dont ils mangèrent pendant trente jours, jusqu’à ce que descendît pour eux la manne (…). Ils ne s’étaient même pas procuré de provisions. [L’Écriture parle ainsi] pour faire l’éloge d’Israël, car ils ne dirent pas à Moïse : « Comment partirons-nous dans le désert alors que nous n’avons pas de provisions pour la route ? », mais ils crurent et suivirent Moïse16.

La première partie du commentaire s’appuie sur le fait que la manne, selon les indications de l’Exode, n’a commencé à tomber que le lendemain du quinzième jour du second mois (Ex 16,1-7), soit un mois et un jour après la sortie d’Égypte. On en conclut que la pâte que les fils d’Israël avaient cuite en hâte avant de quitter l’Égypte a suffi à les nourrir pendant tout ce temps. C’est ce que précise la paraphrase du targum du Pseudo-Jonathan sur Ex 12,39 :

elle n’avait pas fermenté ; aussi bien ils avaient été expulsés d’Égypte et ils n’avaient pas pu prendre leur temps. Cela leur fut suffisant comme nourriture jusqu’au quinzième jour du mois d’iyyar ; en effet, ils ne s’étaient point fait de provisions17.

Le même targum glose ainsi Ex 16,2 :

Et ce jour-là vint à leur manquer la pâte qu’ils avaient emportée d’Égypte et tous les enfants d’Israël murmurèrent contre Moïse et contre Aaron, dans le désert18.

L’autre midrash tannaïte sur l’Exode, la Mekhilta de-Rabbi Shimon ben Yohaï, souligne aussi ce « miracle »19. Que les fils d’Israël aient pu suivre Moïse sans savoir de quoi ils pourraient se nourrir dans le désert est ainsi considéré comme l’acte de foi par excellence.

La même affirmation se trouve répétée et développée dans la suite du midrash, à propos de la scène où Moïse lève sa main et son bâton sur la mer (Ex 14,15-16).

C’est une grande chose qu’a faite Israël. La foi dont ils ont cru en moi vaut que je fende pour eux la mer, car ils ne dirent pas à Moïse : « Comment partirons-nous dans le désert alors que nous n’avons pas de vivres pour la route ? », mais ils crurent20 et suivirent Moïse. C’est d’eux que parle l’Écriture21 [qui dit] : Va crier aux oreilles de Jérusalem : Ainsi parle le Seigneur : Je me souviens, pour toi, de la fidélité de ta jeunesse, de l’amour de tes fiançailles, quand tu me suivais au désert, dans une terre non ensemencée.

(Jr 2,2)22

Ce passage vient conclure un long développement où sont énumérées des opinions sur les raisons pour lesquelles Dieu a fendu la mer : il l’a fait à cause de Jérusalem, ou d’Abraham fendant le bois pour sacrifier son fils, ou de l’observance du commandement de la circoncision, ou de son propre Nom, ou de sa promesse à Abraham, ou des tribus d’Israël, ou de la foi d’Abraham, ou des ossements de Joseph23. La formule « la foi dont ils ont cru en moi vaut que je fende pour eux la mer », qui conclut ce développement, fait de la foi d’Israël partant à la suite de Moïse le point culminant de tout ce passage, montrant ainsi l’importance que la tradition juive ancienne attache à cet épisode.

Ce commentaire est donc important à plus d’un titre.

Il explique clairement en quoi, selon le midrash, a consisté la foi d’Israël en Dieu : partir dans le désert sans provisions en suivant Moïse. C’est ce que confirme l’usage de la citation de Jérémie : le temps des fiançailles était celui où Israël suivait Dieu dans le désert, sur une terre qui ne pouvait fournir de nourriture. Il confirme indirectement ce qui était seulement énoncé dans le commentaire sur Ex 14,31 : la foi dans « le berger d’Israël » est indissociable de la foi en Dieu. Suivre Moïse au désert, c’était suivre Dieu lui-même. Et c’est parce qu’ils avaient cru et suivi Moïse qu’ils purent se nourrir pendant un mois du peu de nourriture qu’ils avaient emporté en quittant l’Égypte.

On remarquera enfin comment la Mekhilta s’écarte sur deux points importants des données de l’Écriture.

D’après le livre de l’Exode, la foi d’Israël est la conséquence du miracle accompli dans le passage de la mer. Selon le sens obvie du texte, c’est parce qu’Israël avait vu « la grande puissance qu’avait mise en œuvre le Seigneur » (Ex 14,31) qu’il a cru. La Mekhilta inverse ces données, pour faire de la foi la cause et non la conséquence. C’est parce qu’Israël avait cru que Dieu lui a fait franchir la mer24.

Selon les indications bibliques, la mer s’est retirée, puis a repris sa place, après que Moïse, sur l’ordre de Dieu, eut étendu la main sur elle (14,21.26-27). Le geste de Moïse pourrait donc être considéré comme la cause immédiate du miracle, ce qui pourrait expliquer que le verset suivant associe dans une même formule foi en Dieu et foi en Moïse : « Israël vit la grande puissance qu’avait mise en œuvre le Seigneur contre les Égyptiens. Le peuple craignit le Seigneur ; et il crut en le Seigneur et en Moïse son serviteur » (14,31). La Mekhilta ignore doublement cette explication possible. D’abord, en s’arrêtant longuement sur le verset « Moïse étendit la main, et le Seigneur fit refouler la mer… » (Ex 14,21), pour souligner que c’est Dieu et non Moïse qui a fait reculer la mer. Le midrash imagine ici une scène dans laquelle Moïse tente vainement de faire reculer la mer, d’abord en invoquant le Nom de Dieu, puis en élevant son bâton (Ex 14,16), jusqu’à ce que Dieu lui-même donne à la mer l’ordre de se retirer25. Ensuite, en reprenant, pour l’amplifier, l’explication qui avait déjà été énoncée à propos du départ pour le désert : c’est en suivant Moïse sans emporter de provisions qu’Israël a cru d’un seul et même acte de foi en Dieu et en Moïse. Cette lecture, introduite dans un contexte avec lequel elle n’a pas de rapport apparent, celui du passage de la mer, confirme à l’évidence que, pour la tradition représentée par la Mekhilta, c’est à l’occasion du miracle du pain que s’exprime la foi en Dieu, qui passe par la foi en Moïse.

III Du midrash à l’évangile de Jean

La lecture de ces textes juifs anciens éveille inévitablement des échos chez le lecteur de l’évangile de Jean, où les mentions de Moïse et de la manne sont explicites et où la référence à l’Exode est constamment présente, notamment dans le récit de la multiplication des pains et le discours qui suit26. Que peut apporter une comparaison entre ces commentaires rabbiniques et le quatrième évangile ?

Rappelons d’abord que la question de la datation des traditions juives peut rarement recevoir une réponse indiscutable. Les rapprochements doivent être faits avec prudence et, souvent, selon le critère de la vraisemblance. On irait donc au-delà de ce qui est scientifiquement licite en affirmant que Jean connaissait sans aucun doute les traditions qui viennent d’être présentées ; mais il serait tout aussi présomptueux de soutenir le contraire. C’est pourquoi, sans s’aventurer dans l’exégèse de l’évangile de Jean, on peut au moins admettre à titre d’hypothèse que l’auteur de cet évangile a pu connaître les traditions qui viennent d’être présentées, et qui appartiennent pour la plupart à la couche la plus ancienne de la tradition orale du judaïsme. Si c’est le cas, les traditions juives sur Moïse et la manne constituent un arrière-fond propre à faire ressortir ce qui est une des pointes du texte johannique.

Deux ressemblances sont évidentes.

Dans Jean comme dans la Mekhilta, la foi en Dieu est indissociable de la foi en son envoyé ; ou mieux, la foi en Dieu passe nécessairement par la foi en son envoyé. Pour la Mekhilta, croire dans le berger d’Israël, c’est croire en Dieu lui-même. Pour Jean, celui qui croit en Jésus croit en celui qui l’a envoyé (Jn 12,44), et les rares emplois du verbe « croire » où Dieu lui-même, dans son évangile, est explicitement désigné comme l’objet de la foi associent l’une à l’autre foi en Dieu et foi en Jésus27. Ici encore, on ne peut s’empêcher de faire la comparaison avec l’Exode, où le seul verset qui parle de croire en Dieu (14,31) associe Dieu et Moïse dans le même acte de foi. Notons en outre que ce verset de l’Exode trouve un autre écho dans cette parole de Jésus, prononcée elle aussi dans le contexte pascal : « Croyez en Dieu ; croyez aussi en moi » (14,1).

Dans les textes rabbiniques cités ci-dessus, la foi d’Israël en Dieu se manifeste et culmine dans la décision de suivre Moïse sans autres provisions que la pâte cuite en hâte avant la sortie d’Égypte. Dans Jean, l’affirmation la plus forte de la nécessité de croire en Jésus est énoncée après le don du pain. C’est dans le discours sur le pain de vie que Jésus affirme : « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé » (6,29). Cette scène, soulignons-le, se situe à l’approche de la Pâque (6,4) et elle est introduite par une mise à l’épreuve de la foi (6,6), alors que l’on ne dispose que de peu de nourriture (6,9)28 pour soutenir la foule qui avait « suivi » Jésus (6,2).

La manière dont Jean et la Mekhilta présentent les thèmes de la foi et du don du pain rend inévitable le rapprochement entre ces deux sources, mais cette comparaison met aussi en évidence la distance que Jean lui-même veut souligner. Malgré l’analogie des situations entre Israël suivant Moïse et la foule suivant Jésus, les uns et les autres sans provisions, la scène de la multiplication des pains dans Jean n’est pas un décalque de la situation qu’évoque la Mekhilta, et l’on peut sans difficulté souligner les différences : contrairement aux synoptiques, Jean ne précise pas que l’endroit était désert, et il signale même la présence d’une herbe abondante en cet endroit (6,10)29. Les cinq pains et les deux poissons avec lesquels Jésus nourrit la foule ne rappellent qu’imparfaitement la pâte non levée emportée lors de la sortie d’Égypte. Surtout, si la foule a suivi Jésus, elle ne l’a pas fait dans les dispositions qui étaient celles que la Mekhilta prête aux fils d’Israël partant à la suite de Moïse. Il ne s’agissait pas, pour ceux qui suivaient Jésus, de partir pour la terre promise sans autre provision que la foi, et Jésus lui-même met en doute la pureté de leur motivation (6,26). Loin de louer la foi d’Israël, que la Mekhilta exalte de son côté (« C’est une grande chose qu’a faite Israël30 »), le Jésus de Jean ne cesse de dénoncer l’incrédulité de ses auditeurs31, ou la fragilité de leur foi. En affirmant que Moïse lui-même lui rend témoignage (5,46-47), Jésus laisse entendre que « les juifs » de son temps ne peuvent être fidèles à l’exemple de leurs pères, dont ils se réclament, sans le reconnaître maintenant comme celui dont Moïse avait parlé ; et qui n’est pas seulement celui qui donne le pain, comme l’avait fait Moïse (6,32)32, mais qui est en personne le pain vivant descendu du ciel (6,51).

Nous terminerons par une remarque qui peut à peine être considérée comme une digression. Le « mystère de la foi » que les fidèles proclament lors de la célébration eucharistique n’est pas seulement celui de l’identité entre le pain eucharistique et le pain vivant descendu du ciel. C’est le mystère de la vocation chrétienne tel que le résume la parole prononcée par Jésus lors du don du pain : « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé » (6,29).

Notes de bas de page

  • 1 R.E. Brown, The Gospel according to John, coll. Anchor Bible 29, New York, Doubleday, 1966, p. lx. L’auteur se référait lui-même à F. M. Braun et à T.H. Glasson.

  • 2 J’ai abordé le thème des commentaires rabbiniques sur la foi d’Israël dans deux publications antérieures : « Le chef de la foi », dans Évangile et tradition rabbinique, Bruxelles, Lessius, 2003, p. 149-160, et « Jean et les traditions juives anciennes sur l’Exode. Dépendances et oppositions », NRT 127 (2005), p. 557-570.

  • 3 En hébreu, le complément est introduit par la particule dans ces quatre cas.

  • 4 En hébreu : .

  • 5 En hébreu : . Ajoutons que la LXX ne fait pas de différence entre croire à et croire en, et que le complément est au datif dans chacun de ces cas.

  • 6 Pour un commentaire plus détaillé sur cette scène, je me permets de renvoyer à l’article « Jean et les traditions juives sur l’Exode » (cité n. 2).

  • 7 Exode Rabba 3,12-13.

  • 8 LaMekhilta de-Rabbi Ishmael est un commentaire tannaïte portant sur plusieurs parties du livre de l’Exode (12,1-49 ; 13,1 – 23,19 ; 31,12-17 ; 35,1-3 ; les références données par H.L. Strack et G. Stemberger, Introduction au Talmud et au Midrash, trad. fr., Paris, Cerf, 1986, p. 295, sont erronées). Il n’existe pas d’édition scientifique moderne de la Mekhilta. Les éditions les plus couramment utilisées sont celle de H.S. Horovitz et I.A. Rabin (éd.), Mechilta d’Rabbi Ismael, Jérusalem, Wahrmann Books, 1970, et celle de J.Z. Lauterbach, Mekilta de-Rabbi Ishmael, Philadelphie, The Jewish Publication Society of America, 1976². Dans la suite, ces deux éditions seront désignées par les abréviations H.-R. et L. La première reproduit le texte imprimé, tout en donnant en notes les variantes des manuscrits. Celle de Lauterbach propose un texte « éclectique » (« Introduction », p. xxxvi) accompagné d’une traduction anglaise et indiquant des variantes en notes. Ajoutons que, dans cette traduction, Lauterbach ne rend pas toujours fidèlement son propre texte hébreu (cf. ci-dessous, n. 16 et 20). L’édition de M. Friedmann (Vienne, 1870) a été réimprimée à Jérusalem en 1978 aux éd. Old City Press, avec les midrashim Sifra et Sifre (2 vol.)

  • 9 Contrairement à ce que l’on aurait pu attendre, le verset 19,9 ne fait pas l’objet d’un développement particulier dans la Mekhilta, qui se limite à commenter la précision : « pour toujours » : « Pour qu’ils croient aussi en toi pour toujours : en toi et dans les prophètes qui se lèveront après toi » (H.-R., p. 210 ; L., t. ii, p. 208).

  • 10 On suit ici les manuscrits d’Oxford et de Munich. L’édition imprimée porte : « le berger fidèle ».

  • 11 Celui dont la parole a créé le monde. Expression couramment utilisée pour désigner Dieu sans le nommer.

  • 12 H.-R., p. 114 ; L., t. i, p. 252. Les traductions des textes rabbiniques sont celles de l’auteur.

  • 13 H.-R., p. 114-115 ; L, t. i, p. 252-255.

  • 14 On peut rapprocher ce verset de celui de Jean : « Il manifesta sa gloire et ses disciples crurent en lui. » (Jn 2,11).

  • 15 Pour les citations bibliques, on prend généralement comme base la traduction d’É. Osty.

  • 16 H.-R., p. 49-50 ; L., t. i, p. 110. Les deux principaux manuscrits (Oxford et Munich) portent : « Ils crurent en lui et suivirent Moïse. » Lauterbach, tout en adoptant cette leçon, traduit : « They believed in Moses and followed him. » M. Kadushin (A Conceptual Approach to the Mekilta, Jewish Theological Seminary, New York, 1969, p. 166) ne retient pas cette interprétation et comprend : « Ils firent confiance et suivirent Moïse », ce qui est en effet plus satisfaisant du point de vue grammatical. Le (en lui), dont on ne voit pas clairement s’il renvoie ici à Dieu ou à Moïse, semble avoir été ajouté dans les manuscrits, peut-être par imitation du passage de la Mekhilta cité ci-dessous (cf. n. 20).

  • 17 Targum du Pentateuque, t. ii, trad. R. Le Déaut, coll. Sources chrétiennes 256, Paris, Cerf, 1979.

  • 18 Trad. R. Le Déaut.

  • 19 Mekhilta de-Rabbi Shimon bar Yohaï, éd. J. Epstein, E. Melamed, Jerusalem, Yeshivat Shaarei Rahamim and Beit Hillel, 1955, p. 33-34.

  • 20 Le manuscrit de Munich ajoute ici « en lui ». Lauterbach adopte cette leçon mais traduit, en s’écartant une fois de plus de son texte hébreu : « They believed in Moses and followed him. »

  • 21 Littéralement : la tradition (qabbala).

  • 22 H.-R., p. 99-100 ; L., t. i, p. 222.

  • 23 H.-R., p. 97-100 ; L., t. i, p. 216-222. Sur ce passage, cf. M. Remaud, À cause des Pères. Le « Mérite des Pères » dans la tradition juive, Paris - Louvain, Peeters, 1997, p. 240-242. Sur le rapport entre les ossements de Joseph et la fuite de la mer, cf. p. 185, n. 23.

  • 24 Cf. He 11,29.

  • 25 H.-R., p. 102-103 ; L., t. i, p. 227-228. La Mekhilta cite ici Ps 114,3 : « La mer vit et s’enfuit. » Ce développement est repris dans Exode Rabba 21,6 ; Pirqe de-Rabbi Eliezer 42 ; Midrash Psaumes 114.9.

  • 26 Jn 6. Pour les mentions de Moïse et de la manne, voir versets 32 et 49.

  • 27 Jn 5,24 ; 12,44 ; 14,1 (alors que dans l’évangile de Jean, le verbe « croire » apparaît 97 fois, avec ou sans complément).

  • 28 Cf. 2 R 4,43.

  • 29 Cf. Mt 14,15 ; Mc 6,35 ; Lc 9,12.

  • 30 Cf. texte supra, p. 357-358.

  • 31 Cf. M. Remaud, « Jean et les traditions juives… » (cité n. 2).

  • 32 En réalité, l’Écriture ne dit jamais que Moïse lui-même aurait donné la manne, et elle affirme au contraire que ce pain est le don de Dieu : « C’est le pain que le Seigneur vous donne à manger. » (Ex 16,15) ; voir aussi Sg 16,20. Faut-il voir dans cette formule de Jean une allusion à la tradition selon laquelle la manne aurait été donnée à cause de Moïse ? Cette tradition, déjà attestée par le Pseudo-Philon (LAB xx, 8), est abondamment développée dans la tradition rabbinique. Pour une étude détaillée de cette tradition, voir G. Bienaimé, Moïse et le don de l’eau dans la tradition juive ancienne : targum et midrash, coll. Analecta biblica 98, Rome, Biblical Institute Press, 1984, p. 88-113.

newsletter


the journal


NRT is a quarterly journal published by a group of Theology professors, under the supervision of the Society of Jesus in Brussels.

contact


Nouvelle revue théologique
Boulevard Saint-Michel, 24
1040 Bruxelles, Belgium
Tél. +32 (0)2 739 34 80