Faut-il dédramatiser l’athéisme ?

Marie-Gabrielle Lemaire
Le Drame de l’humanisme athée (1944) a été critiqué notamment par Georges Morel et Maurice Merleau-Ponty. L’athéisme doit être dédramatisé, disait le premier, et désolidarisé de la question de Dieu, posait le second. Par ailleurs, l’athéisme contemporain de type heideggérien diffère de l’antichristianisme du xixe siècle analysé par Henri de Lubac. Donné comme une évidence, l’athéisme d’aujourd’hui peut-il encore être défini comme un drame par le théologien ? L’A. examine la position de Lubac, celle du Magistère, puis l’usage heuristique du concept de nature pure retenu par Emmanuel Falque et proposé au théologien pour entrer en dialogue avec l’athéisme.

L’athéisme, qui caractérise la sécularisation actuelle, est-il ou doit-il encore être considéré comme un drame dans une société où il se donne le plus souvent comme un « fait » ? Dans un ouvrage de plus de 70 ans aujourd’hui (1944), Le Drame de l’humanisme athée1, Henri de Lubac ne tergiversait pas, comme l’exprime assez clairement le titre. Mais est-il encore possible aujourd’hui de tenir une telle position ? Ne manque-t-on pas le dialogue avec l’athéisme en le qualifiant d’emblée de dramatique, en le réduisant, au fond, à un choix tragique2 ?

Bien qu’elle déborde ce cadre, notre réflexion est partie de l’interrogation d’Emmanuel Falque formulée dans la Métamorphose de la finitude : « Y a-t-il un drame de l’humanisme athée3 ? » Cette question se propose, à l’intérieur d’un christianisme assumé et d’une démarche philosophique bien…

Pour lire la suite,

 Connectez-vous

newsletter


la revue


La NRT est une revue trimestrielle publiée par un groupe de professeurs de théologie, sous la responsabilité de la Compagnie de Jésus à Bruxelles.

contact


Nouvelle revue théologique
Boulevard Saint-Michel, 24
1040 Bruxelles, Belgique
Tél. +32 (0)2 739 34 80